L'algorithme sur les sites de rencontres

Rencontre par affinités: l'histoire d’un algorithme mathématique, quand la science se mélange aux sentiments pour l’éclosion d’une belle histoire d’amour.

Christopher McKinley est docteur en mathématiques à l’université de Californie à Los Angeles. Notre scientifique est célibataire depuis neuf mois, et comme des millions d’américains, il a décidé de s’inscrire sur un site de rencontre en ligne pour échapper à la solitude. Il a jeté son dévolu sur le site OKCupid, site développé par un étudiant de Harvard en 2004.

Profil atypique et affinités

Christopher, grâce à un cerveau composé pour l’essentiel de chiffres et d’équations, remarque que le taux d’affinités avec les jeunes femmes ne dépasse jamais sur ce site le seuil des 90%. Certes, il lui est arrivé de rencontré une dizaine de filles, mais dont le profil, au final, ne correspond pas vraiment à ce qu’il recherche. Il faut dire que le pedigree de Christopher est pour le moins atypique.

Après avoir étudié le chinois, il travaille comme traducteur pour une société new yorkaise jusqu’au 11 septembre 2001, date à laquelle son entreprise logée au 91éme étage du World Trade Building sombre dans le chaos des attentats. Christopher est de repos ce jour-là. Miraculé, il décide d’opérer un virage à 360°, et intègre l’équipe professionnelle de blackjack du MIT (Massachussets Institut of Technology). Cette équipe, formée à l’origine par un groupe d’étudiants, s’est rendue célèbre dans le monde entier en flouant quelques grands casinos de Las Vegas et de la côte Est, grâce à la fameuse technique du comptage de cartes. Fort de cette expérience, Christopher décide alors de passer un doctorat en mathématiques axé sur la modélisation mathématique et la simulation numérique.

Modifier l’algorithme d’un site de rencontre

C’est devant son ordinateur de travail, à trois heures du matin, qu’il décide de modifier quelque peu l’algorithme utilisé par le site OKCupid.com pour multiplier ses chances et trouver le « match » parfait parmi les 80 000 jeunes femmes célibataires de Los Angeles inscrites sur OKCupid.com. Jusqu’alors, en cinq mois d’intenses recherches, il avait du obtenir neuf rendez-vous aussi pitoyables les uns que les autres. Frustré, mais d’un optimisme à toute épreuve, Christopher décide alors de prendre sérieusement en main les rênes de sa destinée. La méthode utilisée par notre brillant chercheur est pour le moins judicieuse.

Il a crée six faux compte sur le site dans le but d’obtenir le maximum de données sur 20 000 filles ayant une fiche sur le site.
Selon les réponses obtenues en décortiquant les nombreux messages reçus, il a pu constituer sept sous groupes distincts composés de réponses présentant des similitudes. Et ainsi, grâce à ces sous-groupes, il a pu en déduire et analyser les informations données par ces milliers de femmes au questionnaire du site. Il a pu également connaître les motivations de chacune d’elle, leurs centres d’intérêt, et ce qu’elles cherchaient chez un homme.

Ecrire un message en fonction des attentes des femmes

Christopher s’est servi de toutes ces données pour écrire aux filles exactement le genre de message qu’elles attendaient. Bingo ! Les réponses ont afflué par centaines. Mieux encore, des milliers de filles l’ont placé tout en haut de leur liste. Christopher, le veinard, a du faire face à 88 rendez-vous, de quoi satisfaire même le célibataire le plus impitoyable.

Au 88éme rencard, là, en voyant, la belle Christine Tien Wang, délicieuse artiste de 28 ans, il a su qu’il pouvait clôturer dans l’heure son compte sur OkCupid.com. Quelques semaines plus tard, il lui a avoué la méthode qu’il avait eu tant de peine à développer pour la rencontrer. « J’ai pensé que c’était sombre et cynique, et j’ai adoré » a expliqué plus tard Christine à un journaliste. Pour information, les deux amoureux se sont fiancés sur Skype.